Loi du bon samaritain
Formation RCR et Secourisme Haïti
Le Bon Samaritain : compassion et protection
Tirée de la Bible (Luc 10 :25-37), la parabole du Bon Samaritain raconte comment un voyageur laissé pour mort est secouru par un inconnu qui le soigne et veille sur lui. Au-delà de son contexte religieux, elle porte un message universel : l'obligation morale de porter secours à autrui en danger, par compassion et altruisme.
Inspirées de ce principe, de nombreuses lois dites du Bon Samaritain ont été adoptées à travers le monde pour protéger contre les poursuites ceux qui portent assistance de bonne foi en situation d'urgence. La portée exacte de cette protection varie toutefois d'une juridiction à l'autre : voici ce que prévoit la loi applicable à votre région.
Votre protection en vertu de la loi
Haïti se distingue de ses voisins caribéens par sa tradition civiliste, héritée du droit français. Sa Constitution érige l'assistance à une personne en danger en devoir civique, et un nouveau Code pénal, calqué sur le modèle français, prévoit de réprimer la non-assistance à personne en danger — mais son entrée en vigueur, plusieurs fois reportée, n'est pas encore effective. Le secouriste qui agit de bonne foi et raisonnablement s'inscrit donc dans un cadre où aider n'est pas seulement toléré, mais attendu du citoyen.
Obligation de porter secours
Contrairement aux juridictions de common law de la région, Haïti reconnaît un devoir de porter secours, ancré dans sa Constitution et sa tradition civiliste : aider n'y est pas qu'un choix, c'est une responsabilité citoyenne. La portée pénale exacte reste incertaine tant que le Code pénal de 2020 n'est pas en vigueur, mais le devoir moral et civique, lui, est déjà bien réel. Dans cet esprit, savoir intervenir n'est pas une option de plus : c'est répondre à une attente que la société place en chacun.
Pourquoi la formation est essentielle
Lorsqu'un cœur s'arrête, les chances de survie chutent d'environ 10 % à chaque minute sans réanimation : le témoin présent est le premier maillon de la chaîne de survie, celui dont dépend le sort de la victime avant même l'arrivée des secours. En Haïti, où les infrastructures d'urgence sont souvent sollicitées à l'extrême et les délais imprévisibles, ce premier geste citoyen peut faire toute la différence. Puisque le pays attend de chacun qu'il porte secours, encore faut-il en avoir les moyens : la compétence transforme le devoir en capacité réelle d'agir. Se former, c'est honorer cette responsabilité et se tenir prêt à sauver une vie quand elle ne tient plus qu'à un souffle.